« Incroyable Mais Vrai » de Quentin Dupieux

3,5/5

Synopsis

 Alain et Marie emménagent dans un pavillon. Une trappe située dans la cave va bouleverser leur existence.

Critique

D’un un format court propre à Quentin Dupieux, « Incroyable mais vrai » est probablement le plus bel aboutissement artistique du réalisateur, qui désormais, assume son style décalé au cœur d’une réflexion inattendue.

Egale à chacun de ses films, il y a un sentiment fouilli dans lequel se mêlent l’art de la comédie et celui du grand n’importe quoi. Généralement, nous cherchons à notre grand désarroi, une logique possible, puis, au fur et à mesure du métrage, nous nous laissons embarquer dans un univers complètement loufoque.

Contrairement au registre habituel du réalisateur, « Incroyable mais vrai » se révèle être une satire extrêmement aboutie grâce à une histoire cohérente et une philosophie rationnelle.

Partant de deux histoires complètement barrées entre deux couples d’amis, l’un des maris est fier d’avoir un pénis électronique, tandis que la compagne de l’autre binôme devient obsédée par un tuyau magique qui fait avancer dans le temps mais rajeunit le corps.

Alors oui, ces anecdotes restent dans le summum du farfelue, mais un raisonnement clair se dessine autour de l’apologie de la jeunesse éternelle. Dans un monde de plus en plus superficiel, ces deux histoires parallèles s’accompagnent bien entendu de connexions complexes : L’homme, porté par Benoit Magimel, cherche à séduire en permanence la gente féminine, alors que la femme, interprétée par Léa Drucker, souhaite se donner une seconde chance pour devenir mannequin, face à son mari vieillissant certes, mais heureux dans sa simplicité.

L’espoir impossible de rester jeune donc, voilà une dérision éclatante que le récit va exacerber jusqu’à son apogée. En effet, bien que Marie et Gérard adulent ce retour du bel âge, leur corps ne peuvent lutter contre l’érosion du temps. Et c’est dans une surprenante mise en scène que nous assistons à ce rajeunissement miraculeux contre la facture temporelle d’un vieillissement physique et d’un pourrissement intérieur imagé par… Des fourmis !

Au-delà d’un genre, Quentin Dupieux impose progressivement son nom comme une référence patrimoniale dans le cinéma français. S’entourant judicieusement d’un casting pointu à chacun de ses films, le réalisateur a réussi à créer une nouvelle génération de comédies devenues classiques, s’affinant toujours un peu plus. Et le concept fonctionne.

« Incroyable mais vrai », n’est-ce pas ?

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