« Frère et Soeur » d’Arnaud Desplechin

2/5

Synopsis

Un frère et une sœur à l’orée de la cinquantaine… Alice est actrice, Louis fût professeur et poète. Alice hait son frère depuis plus de vingt ans. Ils ne se sont pas vus depuis tout ce temps. Quand il croisait sa sœur par hasard dans la rue, celle-ci ne le saluait pas et fuyait… Le frère et la sœur vont être amenés à sa revoir lors du décès de leurs parents.

Critique

Capable du meilleur comme du pire, le réalisateur Arnaud Desplechin vient de produire un film d’auteur français type que les amateurs de cinéma redoutent. Au cœur d’un récit familial déchirant, « Frère et Sœur » résulte d’une malheureuse et ennuyeuse caricature aussi perdue que ses protagonistes.

Alors que les deux premières scènes d’introduction mettent ouvertement l’eau à la bouche quant à la perspective d’une histoire palpitante, la satisfaction s’envole progressivement face à l’inconsistance du contenu. Nous nous attendions à de multiples péripéties dans l’esprit d’un « Sœur fâchées » ou d’un « Fête de famille » masterisés, mais la critique première est l’incompréhension de cette détestation entre frère et sœur.

Deux personnalités déchirées par la vie où l’un se venge par l’écriture, tandis l’autre cache sa misère par son talent d’actrice. Artistes incompris en quête de sens, leur haine les consumes de l’intérieur jusqu’à des risques d’autodestructions.

Or, vous l’aurez compris, pas d’historique, rien de précis, si ce ne sont que des bouts de phrases ou des scènes à scandales dont la nature de la relation est indéterminée. Jalousie, méprise, on ne sait pas vraiment… La seule certitude est qu’Alice et Louis se nourrissent de cette répulsion réciproque. Mais sans explication, sans compréhension des fondamentaux, il est impossible de pénétrer dans cette fable.

Par moment, le récit devient tellement insupportable à regarder qu’un questionnement apparaît : Cette souffrance ressentie est-il finalement une émotion voulue par le réalisateur ? Cherche-t-il à nous faire ressentir la douleur intérieure qui dévore Louis et Alice ?

Prenons à titre d’exemple cette séquence, incroyablement jouée par Marion Cottillard, à la pharmacie. Cette dernière, en détresse totale, demande des anti-dépresseurs comme si elle mourrait de faim. Elle veut abréger ses souffrances. Alors, l’actrice est au meilleur de son talent certes, mais la scène n’a aucun sens. Elle n’apporte rien au métrage si ce n’est la démonstration d’un portrait meurtrie par la vie, chose que nous savons déjà. Mais pourquoi est-elle comme ça ? Quelles sont les antécédant ?

Puis il y a d’autres scènes, tellement incompréhensibles qu’elles finissent par en devenir gênantes. Lorsque Louis, le frère écrivain, choisit de se droguer, nous le voyons littéralement planner. Il vole dans le ciel. Sincèrement, que fait cette scène dans le film ?

Le bouquet final, c’est cet aspect bien trop littéral dans lequel « Frère et Sœur » plonge tête la première. Conséquence directe de la perte d’un grand nombre de spectateurs dans un sommeil profond rythmé par une succession abondante (et abusive) de musiques classiques.

Malheureusement, « Frère et Sœur » n’a pas eu la Palme d’Or, ni aucun prix du palmarès mais au-delà des récompenses, ce film d’Arnaud Desplechin ne marquera pas l’esprit d’un public déjà réticent à aller voir les films français en salle. Et ce, même avec Marion Cotillard en tête d’affiche…

Bilan
Un film décousu et incohérent en tout point mais peut-être est-ce cela le fil conducteur de l’histoire : Une ode à l’irrationnel et à la création où de la haine à l’amour, il n’y aurait qu’un pas…

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