« Jurassic World : Le Monde d’Après » de Colin Trevorrow

2/5

Synopsis

Quatre ans après la destruction de Isla Nublar, les dinosaures font partie intégrante du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espère humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.

Critique

Alors qu’en 2018, « Jurassic World : Fallen Kingdom » concluait sur la « nouvelle ère Jurassic » avec la promesse d’une cohabitation entre les hommes et les dinosaures, ce nouvel opus « Jurassic World : Le Monde d’après » achève la saga dans une auto extinction nous faisant regretter le monde d’avant…

Chaque film a son méchant dinosaure. Toujours plus abouti et plus vorace que le précédent, il est généralement génétiquement lié au t-rex ou au vélociraptor. Le carnassier bénéficie d’une brève explication scientifique, comme un mini storytelling qui intellectualise l’animal. Dans ce nouveau numéro, à bas les fondamentaux ! Stériles et insignifiantes, les créatures n’apparaissent qu’en tant que bonus stimulant dans un film d’action sans saveur !

De « Jurassic Park » à « Jurassic World », la nouvelle génération de film s’est aussi adaptée à l’évolution du monde actuel, notamment sur un levier écologique et sociétal. Alors que « Fallen Kingdom » soulevait brillamment cet angle, ce nouveau métrage tente de nous faire réagir par le biais de sauterelles géantes. Une histoire abracadabrantesque qui nous offre, certes, l’agréable retour d’Ellie Sattler et d’Alan Grant, mais dont le script a fini par se perdre. Ces insectes surdimensionnés finissent par dominer l’écran dans des gesticulations incompréhensibles au détriment de nos reptiles géants.

Braconnage, combat d’animaux, ou utilisation abusive de ces nouvelles bêtes comme armes de guerre, une escapade à Malte s’ouvre à une multitude d’idées excitantes. Or, ce florilège qui détenait pourtant un mérite sérieux à être exploité, est tellement éparpillé qu’il n’en est que survolé… A titre de contre-exemple, le vente aux enchères de « Jurassic World » 2 jouissait d’une mise en scène exceptionnelle avec des visuels à couper le souffle quant à l’exploitation de l’animal par l’homme.

De la neige au sable, du massif des Dolomites jusqu’au forêts américaines, bien que les paysages soient époustouflants, « Jurassic World : le Monde d’après » est un dégueuli de clichés qui se réfère à bon nombre de box-offices américains. L’enlèvement de la jeune fille, Maisie Lockwood, n’est pas sans rappeler « Taken », sans compter l’esprit « Fast & Furious » qui voltige entre jeep et motocross selon les décors avec l’option dinosaure. Une échappatoire prévisible qui va finir… Dans un nouveau parc ! Quelle déception…

Les films Jurassic, ce sont aussi des scènes chocs, de la frayeur frôlant l’horreur, où l’être humain est mis à mal. Non seulement, l’animal est devenu accessoire, mais en prime, il n’effraie plus personne. Avec à peine trois rapides décès au compteur, il est compliqué d’avoir une sueur au front. Aucune des stars n’est mise à mal, aucun sursaut, ce Jurassic aura le mérite de convenir aux plus petits…

Malgré bon nombre de défauts, le métrage tient quelques engagements, notamment sur la réunion d’un casting étoilé puisqu’il rassemble l’ensemble des acteurs de la saga. Aussi, nombreux sont les clins d’œil en rapport avec les anciens numéros. Les plus fans combleront leur désarroi quant à les repérer, comme celle du pseudo crash aérien dans la forêt de « Jurassic Park 3 » ou encore, le plus connu, ce retour du Dilophosaurus, célèbre animal à collerette, qui n’est désormais plus seul mais en clan.

La plus grosse frustration est que le film s’achève sur une présentation de ce à quoi ressemble la fameuse nouvelle « coexistence » entre les hommes et les dinosaures, avec de magnifiques images. Sincèrement, de qui se moque-t-on ? C’est exactement ce que nous voulions voir depuis le début. Dans le doute et l’incompréhension, il a fallu aller relire le synopsis qui amorçait également ce serment d’un nouveau monde. Il y a ouvertement tromperie sur la marchandise.

Bilan
« Jurassic World : Le Monde d’après » est une déception puissante qui laisse ses fans en deuil sur le goût amer d’un contrat non tenu, inscrivant le folklore dans l’ère « Jurassic Dead ».

1 Comment

  1. Je trouve la critique cynique ancrée dans le passé , je pense à peu près l’inverse et à chaque fois lire un avis aussi subjectif et peu profond à ce point je trouve ça désolant … les sauterelles ramène le film dans le réel et le lie intensément à notre quotidien et du role des multinationales sur notre environnement . Quand on voit la pandémie qu’on se prend en plein visage lire que ce scénario est invraisemblable pour ce même point je trouve ça fort …

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