« West Side Story » de Steven Spielberg

2/5

Synopsis

L’histoire légendaire d’un amour naissant sur fond de rixes entre bandes rivales dans le New York de 1957.

Critique

Par pure passion de jeunesse, Steven Spielberg pensait donner un coup de jeune à un « West Side Story » resté au placard depuis 1961. Or, le réalisateur qui généralement innove, a tenté de mettre au goût du jour l’histoire d’une époque résolue pour tenter de l’actualiser. Un choix qui peine encore à convaincre…

« West Side Story » est une célèbre histoire d’opposition entre deux gangs. Mais dès les premières répliques, le ton est donné : « Gringos », « bronzés », « sale blanc »… Il s’agit certes du récit d’origine mais la société a évolué. Au-delà d’être une reprise, l’engagement politique de la réalisation est loin d’être anodin. En effet, l’expression d’un racisme libre et décomplexé est exprimée, sans aucune prise de recul historique, laissant vite place à une certaine sidération.

Doté de scènes brutes, la violence du métrage paraît déconcertante et atteint notamment un point de non-retour lors d’une tentative de viol groupé d’une femme de couleur, au gré d’injures ségrégationnistes. A l’époque des comédies musicales évasives au succès exceptionnel tel que « La La Land » ou encore « The Greatest Showman », « West Side Story » sonne comme un mauvais bad trip.

Et cette agressivité ne se manifestent pas que par des séquences atroces mais aussi par cette idée d’opposition permanente entre les protagonistes : Les vieux contre les jeunes, les jeunes contre la Police, les blancs contre les noirs et les hispaniques, les hommes contre les femmes, les riches contre les pauvres… Entre un tir et deux coups de poings, s’impose une impression de haine permanente où personne n’est en paix avec personne, ni-même avec soi-même. Assez risible donc qu’une histoire d’amour naisse dans cette ambiance générale…

Autre détail loupé qui s’est voulu innovant : La présence d’un personnage non-genré. Ce choix, sûrement appuyé par la puissance des lobbyistes antiracistes et wokistes américains, est assumé mais extrêmement mal positionné. A titre d’exemple, inclure ce type de profil dans le prochain « Jurassic World » ou dans le dernier remake de « Scream », pourquoi pas puisqu’il s’agit de films modernes pouvant avoir une connexion logique avec l’actualité. Mais pourquoi joindre cet élément dans un scénario qui se veut historique avec des références du passé ?

Ce questionnement est un acquis de conscience face aux envolées perverses d’un négationnisme diachronique qui frappe les Etats-Unis. Il est difficile de voir des grands films universels modifier leurs grandes lignes selon les influences wokes et pseudo-contemporaine en oubliant de recontextualiser le passé. « Autant en Emporte le Vent » et « La Belle au Bois Dormant » en sont des exemples. Et malheureusement, ce nouveau « West Side Story » s’affirme comme étant politiquement trop engagé pour plaire à un public voulu familial.

Pourtant incontournable dans l’histoire du cinéma, l’original de « West Side Story » était peut-être trop vieux pour qu’un reboot puisse convaincre les générations actuelles. Aussi, la cible s’est voulue grand public mais l’esprit moralisateur ayant peut être pris le dessus dès sa bande-annonce, les familles se sont naturellement tournés vers la légèreté du quatrième opus des Tuches, sorti la même semaine.

Outre ces défauts majeurs sur le fond, le film peut malgré tout s’apprécier sur la forme, notamment grâce à un visuel exceptionnel. Les décors et les reconstitutions sont bluffants, les chansons (bien que certaines soient modifiées) n’ont pas changées d’un pouce et elles sont accompagnés de chorégraphies colorées, funky et entraînantes. La scène du bal de fin d’année reste LA scène mythique du film ! Malheureusement, elle est au début, et une fois passée, la suite demeure peu attractive…

Bilan
Notez que quelques instants de déhanchées contre 2h30 d’un film parsemé de violences, d’idéologies politiques et d’un romantisme dégoulinant mal dosé, la balance de « West Side Story » a fini par perdre l’équilibre pour basculer complètement à l’Ouest…

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