« Rocketman » de Dexter Fletcher

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4/5


Synopsis

Rocketman nous raconte la vie hors du commun d’Elton John depuis ses premiers succès jusqu’à sa consécration internationale. Son histoire inspirante, sur fond de belles chansons de la star, nous fait vivre l’incroyable succès de Reginal Dwight, un enfant d’une petite ville de province devenu une icône pop légendaire.

Critique

A croire que Dexter Fletcher a pris goût aux biopics puisque qu’après les succès de « Eddie The Eagle » et « Bohemian Rapsody », le réalisateur a choisit de s’attaquer au tumultueux parcours d’Elton John. Une réussite osée, malgré les appréhensions, qui retrace avec punch et sensibilité, l’histoire de la pop-star anglaise !

Sans se mentir, avant de voir ce film, ce ne sont pas les idées préconçues qui manquent ! De prime abord, faire un biopic sur une personnalité encore vivante n’a de facto pas le même impact que lorsqu’il s’agit d’une star disparue telle qu’Edith Piaf, Dalida, ou Freddy Mercury. Et lorsque l’on sait que c’est Elton John lui-même qui a contribué au financement de ce film, il y a un préjugé présomptueux qui se rattache à la célébrité. Que chacun se rassure, ces partis pris ne sont que des oeillières infondés…

Bien plus qu’un biopic, « Rocketman » se compose de qualificatifs sonores et visuelles faisant de l’oeuvre une véritable comédie musicale à part entière. Un box-office qui s’aligne au titanesque « The Greatest Showman » dans un mélange des genres alliant un degré fantaisiste, au travers des danses et des chorégraphies, à celui d’un aspect plus personnel quant au vécu de la star, relativement inconnu du grand public.

Grâce à une mise en scène complètement revue au goût du jour, Elton John s’offre malicieusement une seconde jeunesse, une sorte de renaissance auprès d’une nouvelle génération, dont l’affection n’est pas forcément primaire. D’ailleurs, la scénographie entraînante des titres tels que « Rocketman » et « Saturday Night », ou encore la préparation d’écriture au piano de « Your Song », rattrape la péremption calamiteuse des clips et des interprétations passées.

Bien que le spectacle soit vivant et époustouflant, il atteint par moment des exagérations de non-retour. L’exemple le plus représentatif repose sur cette scène où, en plein concert, le chanteur s’envole dans les airs. Jusque là, notre imagination nous conforte dans l’idée que cet instant est puisée d’un concert passé… Jusqu’à ce que le public soit en apesanteur à son tour.

Aussi, alors qu’un film impose généralement d’avoir des choix éditoriaux, il est incompréhensible de retrouver le mariage de la star avec Renate Baurel, son ex-épouse sur un espace temps de quatre minutes. Non seulement parce que ce passage est rapidement éjecté, mais aussi parce qu’il n’apporte aucun intérêt à l’évolution du personnage.

Au delà de ces passages discutables, « Rocketman » repose sur un esprit de délivrance. En effet, tel un recueil de confessions destiné au grand public, la star s’ouvre et raconte ses aventures sans tabou. Addictions diverses, destructions amoureuses, enfance solitaire, cette ambiance intrusive bénéficie d’une mise en abîme où, voulant se reprendre en main, Elton John ouvre le métrage en costume de scène excentrique. C’est au fur et à mesure des révélations du factum que la star va démonter sa parure, morceaux par morceaux, au gré de flash-back, comme s’il se libérait d’une solide carapace.

Il y a, dans ce récit, une importante fibre affective pour le chanteur. Ce dernier tenant profondément à remercier les personnes qu’il aime, Reginald, de son vrai nom, parle des encouragements et des conseils de sa grand-mère Ivy, de sa collaboration avec son acolyte Bernie Taupin ou de Dick James, son producteur duquel il s’est regrettablement éloigné sous de mauvaises influences.

Cette pépite est aussi l’occasion pour l’acteur star de la série « Kingsman » de revenir sur le devant de la scène. A bas les lunettes noir et le costume cravate, Taron Egerton bluffe, tant pas la réincarnation de la star que par la réinterprétation des chansons qu’il entreprend. Imitation physique, chant, un package de qualités éloquentes donc, qui engage la poursuite d’une carrière toujours de plus en plus prometteuse.

Bien que le biopic évoque les traversées sinueuses du chanteur, le bilan final s’achève sur ce sentiment que notre star se soit miraculeusement guérit de son passé. Peut-être le réalisateur a-t-il fait décider de prioriser la conclusion sur une note enjouée, mais cette utopie ne reconnecte pas les faits dans le sens des réalités, compte-tenu des difficultés traversées. Dommage puisqu’un tantinet mensonger.

Bilan
Diffusé au Festival de Cannes, « Rocketman » permet librement à Elton John de relancer sa carrière, auprès d’un public neuf, le tout en gravant son nom dans l’histoire avant même son décès. Bien joué !

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