« Dumbo » de Tim Burton

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2,5/5


Synopsis

Les enfants de Holt Farnier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…

Critique

N’ayant connu qu’une seule et unique version animée depuis 1941, ce premier remake de « Dumbo » est donc un gros challenge pour Tim Burton comme pour Disney de donner une seconde vie à l’éléphant star ! Mais face à cette tentative de ré-invention bien trop niaise, la déception de voir un tel chef d’oeuvre sombrer dans les abysses du fast-food cinématographique, fût tantôt douloureuse, tantôt fataliste…

Comparaison oblige, le film s’avère moins cru, moins râpeux, moins violent que l’animation. En effet, c’est en voulant prendre en compte bon nombre d’évolutions sociétales et générationnelles que le réalisateur s’est permis de modifier l’histoire originelle. Un parti pris qui a scindé l’aventure de « Dumbo » en deux parties : Une première, où chacun y retrouvera les références du dessin animée au cirque, puis une seconde, complètement inventée sous la pâte Burton, dans un parc d’attraction loin d’être si attractif…

Evidemment (Et heureusement !), le socle essentiel du rapport mère-fils ne disparaît pas. C’est ainsi que les nostalgiques retrouveront quelques passages inaliénables démonstratif quant à la relation entre la maman et son éléphanteau : La destruction du chapiteau en pleine représentation pour protéger son petit, la séparation forcée ou encore le mythique enlacement des trompes à travers les barreaux de la cage. Par ailleurs, la chanson « Mon tout petit », ou « Baby Mine » pour les inconditionnels, bénéficie d’une reprise touchante de l’interprète norvégienne, Aurora.

Les générations évoluent, les aspirations changent et la protection animale étant devenue une valeur prédominante au sein de notre société, Tim Burton fait de « Dumbo » un film d’actualité à l’engagement prononcé. Le contexte du cirque et du spectacle s’associant facilement à la maltraitance animale, le réalisateur reprend les plus célèbres scènes du dessin animée pour y dénoncer l’exploitation immorale des bêtes.

Par exemple, l’incipit pose les bases avec un dresseur, fouet à la main, qui s’en prend à la maman éléphant alors encore enceinte. Autre exemple très parlant qu’est celui de ce numéro de clown avec un faux immeuble incendié où Dumbo se retrouve, malgré lui, bloqué au sommet.

Tremblements, frissons, des craintes dominantes qui cache l’espoir pervers de voir une horrible scène, le scénario n’ira malheureusement jamais au bout du sujet en infantilisant les faits. Trop lisse, trop romancé, peut-être par timidité  pour être accepté par un certain public, le réalisateur a par exemple retranscrit la scène des bulles et de la danse des éléphants, à l’origine plutôt glauque, en supprimant la parcelle essentielle de ce passage : L’alcoolisation de l’animal. Il y avait pourtant tant à faire sur ce sujet…

En somme, comme dans « OKJA » ou le deuxième opus de « Jurassic World », Dumbo » se veut dérisoirement comme une satire de la capitalisation sans limites, notamment grâce au personnage de  l’investisseur du parc DreamLand. C’est au détriment de l’animal que V.A. Vandevere ne cache pas sa volonté de vouloir faire du profit et du spectaculaire, qu’importe les conséquences. Mais, ironie du sort, cette thèse perd rapidement toute crédibilité puisque le film étant lui-même un box-office international financé par Disney, la promotion fonctionne finalement sur des bases d’exploitation marketing similaires…

« Dumbo » reste un film agréable, candide, de grand public, qui plaira sans aucun doute aux plus petits. En revanche, il demeure tout de même un important regret quant au manque de brutalité et de l’aspect terre-à-terre dont le dessin animé bénéficiait. Certes, les époques ne sont pas les mêmes mais l’harmonisation et la romance de cette nouvelle version ont décapés le charme de l’emblématique histoire d’origine. Un gâchis dont seule notre frustration réussira à consoler notre colère…

Bilan
En 2019, « Dumbo » a bien plus de mal à nous faire décoller qu’en 1941… Dommage.

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