« Le Chant du Loup » d’Antonin Baudry

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5/5 !


Synopsis

Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or. Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique. Histoire d’un engrenage incontrôlable.

Critique

Osé, puissant, à couper le souffle, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette pépite sortie des abysses qu’est « Le Chant Du Loup ». Au-delà d’être une réussite remarquable, ce deuxième film d’Antonin Baudry est une inscription viscérale dans le patrimoine cinématographique français.

Bien qu’on se souvienne de « Sans Un Bruit » l’été dernier, « Le Chant Du Loup » réitère l’expérience sonore mais dans un genre différent. En effet, grâce à une pression silencieuse similaire, l’entrée en matière focalise le spectateur sur l’analyse intuitive du bruit. C’est ainsi que cette amplification sonore attise une attention particulière, et de facto, donne une importance considérable à chaque détail, qu’il soit visuel ou phonique.

De ce fait, « Le Chant Du Loup » met en avant une profession quasi-inconnue du grand public, celle d’Analyste Auditif de Guerre. Plus communément appelé Oreille d’Or, ce métier est avant tout un don de la nature grâce auquel l’unité écoute, repère et analyse l’environnement marin, notamment pour repérer au plus vite les dangers potentiels.

Actuel, réaliste, dérangeant, le récit prend possession d’un contexte de guerre plausible avec un degré d’anticipation modernisé. Partant d’une tentative d’intimidation en Suède et de tensions diplomatiques avec la Russie, le scénario implique ensuite l’Etat Islamique dans l’exploitation d’une faille interne à nos armées. Une craquelure donc, dans une stratégie diplomatique de guerre à laquelle s’ajoute une dimension tendue et angoissante quant à la maîtrise de la situation par les équipes en place.

Un sujet à risque qui sort des sentiers battus dont on pourrait se demander comment est-ce qu’un film aussi fort, surfant sur les bornes du docu-fiction, a pu passer entre les mailles du CSA. A titre d’exemple, « OKJA » n’a pas eu droit à la même indulgence de la part ses partenaires, notamment dû à la profondeur de son message, pourtant tout aussi visionnaire…

D’ailleurs, accorder des petits à-côté sociaux au personnage de Chanteraide, comme sa fréquentation avec une demoiselle ou son problème de consommation de drogue, permettent au spectateur d’avoir une connexion terre-à-terre, telle une pause entre les missions sous-marines.

Côté casting, c’est un trio d’hommes qui se démarque. Révélé dans « Five » avec une bande de copain dominée par Pierre Niney, François Civil peut enfin se vanter d’avoir un rôle central, en plus soutenu par la star Omar Sy, et Matthieu Kassovitz, disparu des écrans depuis un bon moment.

Bilan
Immersion silencieuse en eaux troubles… Chut !

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