« Edmond » d’Alexis Michalik

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4,5/5


Synopsis

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : Elle n’est pas écrite. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».

Critique

Encore un film à succès pour Alexis Michalik qui a choisit cette fois-ci de mettre en scène une mise en scène, sous un ton édulcoré et romancé. Bien que surprenant au premier abord, « Edmond » bénéficie d’une écriture théâtrale harmonisée, étroitement similaire au film « Les Heures Sombres » sur Churchill.

« Edmond », c’est avant tout un hommage symbolique rendu à l’écrivain Edmond de Rostand. Or, le film constitue également une adoration pour Constant Coquelin, premier comédien à avoir inauguré le personnage de Cyrano de Bergerac sur scène. L’un est un piètre écrivain et cherche désespérément l’inspiration, l’autre est un funeste comédien et veut de quoi jouer, tous deux sont endettés, répudiés, et pourtant… Leur symbiose, au départ calamiteuse, va communément inspirer au manuscrit de la pièce la plus jouée de l’histoire !

Trois semaines pour écrire un spectacle, voilà un challenge qui impose une incertitude quant à la fiabilité de l’oeuvre. C’est précisément sur cette préparation alambiquée tournée à la dérision que va se savourer le métrage. De ce fait, certaines anecdotes, historiquement vraies, sont romancées sur une ligne humoristique, comme par exemple, l’interdiction à la troupe de jouer de la part de la préfecture ou encore, le remplacement de dernière minute de la comédienne Maria Legault, victime d’une chute.

Les littéraires, les fans de théâtre et les adeptes de la langue française seront évidement assouvis grâce à une mise en scène fastueuse de la création des textes de la pièce. Le meilleur exemple du film reste la construction éditoriale de la célèbre tirade du nez. Les inspirations résultant d’une improvisation immédiate, Edmond de Rostand puise ses métaphores à partir de l’environnement à disposition. C’est ainsi que le tableau d’un paysage lui évoquera le terme de « Roc », de « Pic », de « Cap » puis de « Péninsule », ou qu’un perroquet en cage ouvrira à l’auteur un autre comparatif au travers du terme « Perchoir ».

Il y a aussi cette histoire d’amour entre le meilleur ami de l’auteur, Léo et Jeanne d’Alcie. Faisant preuve d’intermédiaire, Edmond de Rostand cultive son inspiration grâce aux lettres d’amour qu’il écrit à la demoiselle au nom de Léo. Quelle savoureuse idée qu’à été de mélanger de fausses complexités passionnelles dans l’histoire de la pièce ! Cette chronique, et quelques autres tout aussi fameuses, offrent alors une panoplie de péripéties qualitatives quant au déroulé du métrage.

Il faut tout de même noter qu’avoir fait grossir les traits des personnages, particulièrement pour les rôles secondaires, était une prise de risque de la part du réalisateur. Audacieux mais réussit, cette ligne caricaturale permet une ouverture aux rires et à la comédie plus prononcée. Ainsi, l’exagération des personnages de Jean Coquelin et de Maria Legault amène une simplification pédagogique quant à l’assimilation des différents protagonistes historiques.

Bilan
Un retour aux planches savoureux pour connaître la véritable histoire de Cyrano ! Un film théâtral au format original, inédit et réussi !

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