« L’Heure de la Sortie » de Sébastien Marnier

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3,5/5


Synopsis

Lorsque Pierre Hoffman intègre le prestigieux collège de Saint Joseph, il décèle chez les 3ème 1, une hostilité diffuse et une violence lourde. Est-ce parce que leur professeur de français vient de se jeter par la fenêtre en plein court ? Parce qu’ils sont une classe pilote d’enfant surdoués ? Parce qu’ils semblent terrifiés par la menace écologique et avoir perdu espoir en l’avenir ? De la curiosité à l’obsession, Pierre va tenter de percer leur secret…

Critique

En 2016, « Irréprochable » troublait le grand écran par son excellence et les ravages de Marina Foïs. Pour son deuxième film, « L’Heure de la Sortie », Sébastien Marnier affirme un style psychologique appuyé, avec plus de profondeur, notamment grâce à l’apport d’Emmanuelle Bercot dans la scénarisation.

Bien que les enfants soient surdoués, ils ont une prétention et une assurance telles qu’ils en deviennent rapidement irritables. Un sentiment de premier abord produit par une supériorité de leur part, dont nous comprendrons plus tard qu’il ne s’agit que d’une prise de recul sur le monde, les gens et l’interprétation des événements.

Il y a une confrontation entre deux visions distinctes. Dans son rôle, Laurent Laffite pense apporter un soutien pédagogique naturel en tant que professeur mais il ignore finalement que ce sont les élèves qui vont beaucoup lui apprendre, tant sur la réflexion du monde et que sa personne.
Cette démarche résulte d’une mise à nue du personnage comme de l’acteur, ce pourquoi plusieurs scènes du métrage montre le renommée de la Comédie Française sous un angle sexy, appétissant et sans pudeur.

Dans le même temps, Pierre, professeur remplaçant interprété par Laurent Laffite, s’impose comme le narrateur du spectateur. Avec peu d’informations au départ, il se conforte dans une position d’ignorant, externe à la vie des élèves. Mais rapidement interloqué par leur attitude, sa posture va évoluer vers l’observation et même, l’obsession, allant jusqu’au voyeurisme.

Quelques scènes explicites montrent la perte de rationalité que subit Pierre, torturé par son incompréhension des faits. Il y a ces cauchemars glaçants où les enfants s’approchent de chez lui ou, plus abstrait encore, un cafard qu’il écrase au début du film, à l’image du professeur suicidé. Instinct de survie oblige, l’insecte finit par se reproduire, à l’image de ces enfants qui pourrissent son esprit et son quotidien.

Au gré de sa track, le professeur, devenu stalker, trouve des CD et des DVD. L’interprétation des images provenant de ces supports sonne comme un basculement vers un début de compréhension idéologique de ces jeunes adultes. A partir de cet axe charnière, le métrage entreprend une absorption psychologique où l’intrusion vire au questionnement.

En effet, partant de cette vision dégressive qu’ont les adolescents de la société, « L’Heure de la Sortie » s’inscrit comme une satire sur les violentes et inaudibles évolutions institutionnelles. Le terrorisme, l’écologie, la surpopulation, l’intelligence supérieure de ces enfants leur permettent de bénéficier d’une vision objective sur un monde à venir qui se dégrade et qu’ils ne supportent pas de voir.

La fin approchant pas à pas, le titre du film prend des interprétations de plus en plus significatives selon les situations. « L’heure » désigne la ponctualité d’une attente insoutenable tandis que la « Sortie » correspond plutôt à un soulagement ou une issue irrémédiable.

Dans un ordre maîtrisé, « L’Heure de la Sortie » frappe d’abord avec le suicide du professeur. Puis il évoque les après-midis passés entre adolescents. Il s’agit ensuite de l’escapade scolaire prévue à l’occasion de la remise des diplômes. Ou plutôt de la fugue nocturne. Une échappée qu mène rapidement à une sortie de route… Mais il y a le final, brillamment en corrélation avec une explosion nucléaire…

Avec ce titre littéraire, à la fois imagé mais en même temps démonstratif, c’est dans une finesse éditoriale que le film évoque l’autodestruction de l’homme et l’avenir néfaste qu’il réserve à ses prochains… Une mise en abîme brillante ! Parait-il qu’on ne dit jamais deux sans trois alors vivement le prochain métrage de Sébastien Marnier !

Bilan
Il y a tellement de choses à dire, à décrypter… Cette critique n’est que l’échantillon d’un film faisant l’aubaine inespéré des littéraires ! Avis aux adeptes, sortez vos crayons !

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