« Fleuve Noir » de Erick Zoncar

4/5


Synopsis

Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l’affaire. L’homme part à la recherche de l’adolescent alors qu’il echigne à s’occuper de son propre fils, mêlé au trafic de drogue. Yan Bellaile, professeur particulier de Dany, apprend la disparition de son ancien élève et propose ses services au commande. Il s’intéresse de très près l’enquête… De trop près peut-être…

Critique

Inspiré du roman « Une disparition inquiétante » de Dror Mishani, « Fleuve Noir » bénéficie d’une mise en lumière ténébreuse au regard d’un thriller obscur.

A tour de rôle, le trio d’acteurs apporte au film une psychose particulière faisant de l’oeuvre une exception qualificative.

Après « Elle l’adore » ou encore « Polisse », il est désormais habituel de retrouver la poly-talentueuse Sandrine Kiberlain dans ce type de rôle et de registre. En mère paniquée, dans l’attente insupportable d’une réponse et prête à être endeuillée, elle met en exergue une ambiance funeste qui sert de point de départ de l’enquête.

En aliénation directe avec le commandant de police François Visconti, ce dernier, essaie tant bien que mal de stabiliser l’affaire au détriment de sa vie privée. Divorcé, un brin alcoolique, un fils dealer, cela ne lui empêche pas d’exercer ses compétences avec excellence et une pointe de dérision franchement savoureuse. Sa personnalité apporte un humour risible gratifiant en complète corrélation avec le climat scénaristique.

Aussi douteux qu’il soit, l’écrivain fou est une idée, certes perverse, mais aussi bénéfique quant à un œil malsain, généralement négliger dans les œuvres du genre. Romain Duris, alias Yann Bellaile, vient extrapoler les interrogations de départ, pour ensuite salir une intrigue déjà poisseuse. L’acteur, évidement bluffant, impose une noirceur macabre terrible qui nous laisse craindre à petit feu la pire des révélations…

Alors que le processus de l’enquête tente d’avancer, il y un sentiment d’alternance dans le contrôle des faits entre le commandant Visconti et le professeur Bellaile. Un coup, l’un, un coup l’autre, ce petit jeu dangereux découle sur des confrontations ambiguës où chaque élément, chaque mot, chaque intention sollicite notre attention.

L’intimité de chacun des protagonistes est bafouée, violée. En souhaitant résoudre l’enquête, Vincent Cassel devient voyeur malgré-lui. Il observe la maman éplorée sur le lit de son fils, le professeur de français dans les bois ou encore dans son atelier d’écriture à la cave, l’une des pièces les plus macabres du métrage. Ces instants anodins laissent pourtant place à des spéculations personnelles très bien ficelées, trop faciles…

De jour comme de nuit, des rues de Pigalle jusque dans cette forêt de banlieue, les ambiances varient tout en maintenant le cadre littéraire dans une intensité incertaine. Le final, par ailleurs très bien réussi, se distingue alors tel la lueur blanche d’un soulagement de vérité…

Bilan
« Fleuve Noir », le thriller glauque d’une plongée en eaux troubles.

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