« Dans la Brume » de Daniel Roby

4/5


Synopsis

Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, les heures passent et un constat s’impose : Les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume…

Critique

Pour son premier long-métrage, Daniel Roby surprend, tant par le sujet que par l’intégration étonnante de Romain Duris dans un tel registre. Inédit, « Dans la brume » est une création originale qui sort du lot et relève d’une particularité  distinguée et franchement réussie.

Les fans de « The Walking Dead » apprécieront sûrement, la fiction apocalyptique renvoie inévitablement l’être humain à ses instincts de survie les plus profonds. Bloqué au dernier étage d’un immeuble, un jeune couple de parisiens a été contraints de laisser leur fille isolée dans une bulle dont l’air est purifiée parce qu’atteinte de la maladie de Stinberger. Le masque à oxygène va rapidement devenir une solution viable pour tenir en airs troubles nous rappelant par la même occasion que la loi du plus fort reprend généralement ses droits dans ce type de nature hostile…

Outre l’aspect prophétique, « Dans la Brume » est avant tout un film d’anticipation à degré écologique. Une brume toxique qui rafle peu à peu les parisiens, même si la conjoncture est poussée à son paroxysme, elle n’en reste pas moins proche d’une certaine réalité : Particules fines, émissions de gaz, air impur, il n’y a qu’à regarder de plus près la situation actuelle où, par exemple en Chine, l’épaisseur de l’air demeure parfois irrespirable… Trop vrai pour être faux ?

Conséquence directe d’une ignorance des générations dans le déclin, l’histoire romance l’extinction des plus anciens laissant place à l’évolution des plus jeunes. Tel un renouvellement de civilisation, « Dans le Brume » émane d’une philosophie d’un monde transformé, abîmé et transmis à nos cadets. L’écriture harmonise la théorie en confrontant trois générations au travers de la distribution des rôles : Des enfants malades, un couple de parents croyant en une survie plausible et des voisins retraités conscient de leur proche destinée… Une fragmentation qui prépare un final positionnée sur une inversion sociétales des rôles joliment imagée.

Bien que le scénario s’exclut admirablement des codes usés des films catastrophes, il n’échappe pas pour autant aux grandes lignes. La migration d’oiseaux qui sentent le danger, la course poursuite d’un chien affamé, l’air brumeux similaire à une montée des eaux… Quelques séquences déjà vu, dans « Le Jour d’Après » notamment, pour rappeler la non-maîtrise de ces événements sur l’homme.

Une oeuvre anticonformiste donc, dont l’épuration des artifices laisse une large place à une écriture bien plus pure que la brume, plus réaliste et plus ouverte aux ressentis. Ce condensé d’émotions offre alors une alternance aisée voyageant du rire aux larmes, du soulagement à l’angoisse, au gré d’une conscience engagée.

Bilan
Ne restez pas dans le floue, allez le voir !

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