« Cro Man » Nick Park

3/5


Synopsis

Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la Terre. Un homme des cavernes courageux, Doug, et son meilleur ami Crochon se font voler leurs habitations par un ennemi. Les compères décident d’unir leur tribu pour les combattre au football et récupérer leur biens.

Critique

Au revoir Wallace et son chien Gromit, place à désormais à « Cro Man » ! Sans pour autant oublier le duo mythique, Nick Park refonde de toute pièce une nouvelle histoire avec deux nouveaux personnages, Dug et Crochon.

Depuis maintenant presque trente ans, le succès des animations en pâtes à modeler a été symbolisé par notre inventeur fan de fromage et de son chien. Après un petit extra en 2000 avec « Chicken Run », puis « Shaun, le mouton » en 2015, c’est à peine la majorité atteinte que « Cro Man » ose sortir une nouvelle fois des sentiers battus. Plus qu’un réalisateur, Nick Park s’impose comme LE créateur de ce 21ème siècle, notamment par sa capacité de réinvention infinie.

En dépit de cet engouement, le démarrage fait émerger nombre de craintes quant à une qualité scénaristique relative… En effet, en voulant mettre en scène une bande de copains hommes des cavernes, l’exposition les rends maladroitement bêtes, idiots et bien plus gênants que drôles. L’imprégnation de ces personnages étant difficile, l’attachement se fait par réduction sur Dug et son animal de compagnie, Crochon.

Que chacun se rassure, le film prend un véritable intérêt lorsque Lord Nooth, ennemi civilisé qui s’empare des terres de nos primates, débarque à coups de tractopelles ancestrales. Issue d’une société plus avancée, sa supériorité intellectuelle lui donne une force telle qu’il se permet entières accréditations.

L’histoire se lance, la simplicité prend le pas dans une fantaisie, soit potache, soit ridicule, dont l’habile composition s’ajuste dans les jonctions d’une comédie. Ainsi, l’écriture truffe des petits jeux de mots par ci par là, assuré par un humour visuel qui amuseront les petits comme les plus grands.

Le message est plus qu’explicite : L’animation résulte d’une dérision profonde du monde du football. A commencer sur le papier, le réalisateur rétrograde l’invention du sport à l’existence des hommes préhistoriques. C’est de là que l’idiotisation des joueurs rentrent en compte dans un combat d’égocentrisme personnel. Le personnage de Mona, jeune fille civilisée passionné de foot, renforce l’esprit à dominance primate des sportifs dans un angle machiste. Enfin, l’opportunisme financier n’en est pas non plus épargné, Lord Nooth, le pseudo-chef de la communauté, profite inlassablement de ces matchs de football pour s’enrichir, à l’image d’un Picsou modernisé.

Ce n’est pas le meilleur film qu’est fait Nick Park certes, et malgré un début puérilement alambiqué, le moment reste agréable, malicieux pour les enfants, bidonnant pour les plus grands. Quant aux incontournables, ils adoreront se contenter de cette nouvelle animation pour patienter jusqu’à la prochaine, déjà en préparation…

Bilan
On garde la même pâte, on la réinvente ! Cro bien !

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