« Downsizing » de Alexander Payne

3,5/5


Synopsis

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une belle occasion d’améliorer de façon considérable son niveau de vie… Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Critique

C’est au travers d’une nouvelle comédie conviviale, Alexandre Payne trouve une solution imaginaire, à la frontière de l’anticipation, quant à l’avenir de l’humanité. « Chéri, j’ai rétréci les gosses » peut désormais se faire tout petit.

Les engagements socio-politiques étant divers, cette réalisation originale peut en décevoir certains tant le temps de la découverte est étendu et l’histoire qui s’en suit, disparate du sujet de départ. Grosse similitude avec le chef d’oeuvre « OKJA », « Downsinzing » instaure des mesures pour préserver l’avenir de l’humanité selon plusieurs constats alarmants et complètement d’actualité : Surpopulation, réchauffement climatique, pics de pollution et scandales sanitaires. Face à un auditorium d’experts, la révélation du rétrécissement de l’être humain surprend.

La première impression mise en avant dans le film est celui de la mère de Paul Safranek, américaine typique de la classe moyenne, souffrant d’une fibromyalgie. Son passage express signe une déclaration : Elle y confronte toutes ces incroyables inventions sociétales contre l’incapacité qu’à la médecine de la soigner. Dénonciation d’une théorie du complot ?

Un bond de quelques années en avant dans l’histoire puis le remède passe de solution prodige à un outil de commercialisation massif. Digne des techniques de marchandage à l’américaine, le rétrécissement de l’être promet par la même occasion la réduction des dépenses et une richesse grandissante. L’objectif étant d’en mettre plein la vue, un nouveau monde miniature est visitable, des présentations clichés style télé-achat sont faîtes et  un entretien commercial conclu la tournée afin de savoir quels en seront les bénéfices personnels.

Telle une solution miracle pour se réduire soi-même et faire l’impasse sur ses problèmes financiers, le duo Safranek décrit ainsi le parfait couple moyen tentant de survivre en vain au cœur d’une société fiduciaire écrasante.

Exploration d’un nouveau monde, le départ à zéro de Paul Safranek donne lieu à de nouveaux personnages. Interprété par Christoph Waltz et Hong Chu, leur rôles relèvent d’une éblouissante qualité sur laquelle repose énormément la deuxième partie métrage. Ainsi, Dusan joue un voisin ravagé aussi risible que délictueux indirectement lié à Ngoc Lari Tran, sa femme de ménage, drôle et pleine de tendresse. En effet, la domination soigneuse et progressive de l’actrice thaïlandaise balaye les pulsions vénales au profit d’une réflexion humanitaire pleine d’entraide.

C’est au cœur d’une nouvelle colonie d’hommes rétrécis que s’entreprend la dernière partie du récit. Engagé, politique et écologique, l’invention originelle reprend ses droits comme un changement de cap vers l’horizon du monde. Plus d’artifices, ni de fantaisies, « Downsizing » sort des sentiers battus et conclut sur un final apocalyptique singulièrement heureux.

Bilan
« Downsizing » ou l’art de rétrécir les choses superficielles pour faire grandir le constat de l’ignorance humaine, le tout en étant intelligemment drôle !

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