« Le Crime de l’Orient-Express » de Kenneth Branagh

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Synopsis

Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.

Critique

Très attendu, Hercule Poirot ressuscite dans une nouvelle interprétation du « Le Crime de l’Orient Express ». Alors que la plastique et le casting excitent, la découverte du contenu dégoutte, au point de se demander qui a eu cette idée de déterrer la version de 1976…

Sans se mentir, la séduction du métrage repose sur l’excellence de l’ancienne version et surtout, l’affiche ! Johnny Depp, Penelope Cruz, Kenneth Bragh, Michelle Pfieffer, Josh Gad, Willem Dafoe, Drek Jacobi, Daisy Ridley… Réunir autant de monstres du cinéma est un challenge qui relève d’une minutieuse sélection… Dont la rançon n’a été que superficielle.

Alors que le train embarque, le film aussi, le spectateur quant à lui, reste à quai. En effet, la défaillance d’écriture provient d’une volonté de faire un film d’antan avec les moyens d’antan… Or, les degrés de réception du spectateur changent en fonction des époques, chose qui n’a malheureusement pas été prise en compte dans cette démarche de renouvellement.

Défilé le long des vitres du train, chambres filmés du dessus, wagon-restaurant et entretiens perçus sur les côtés, ce sont les plans caméras mal adaptés au huit clos qui déraille.  Peut être que le regard se voulait extérieur, néanmoins les cadrages façon télé-réalité installe une proximité problématique pour incorporer le spectateur dans l’affaire.

Ce sont ensuite les dialogues désuets avec quelques tentatives humoristiques ratées. Bien que l’idée soit de réintroduire un contexte d’époque, la non-prise en compte des attentes d’un spectateur d’aujourd’hui fait sombrer les échanges dans une inénarrable ringardise. Ainsi, les rires monologués ou la déclaration dérisoire « Suis-je mort ? » de Herculte Poirot lors de l’accident du train laisse de marbre.

L’assemblement de ces fractions déficitaires résulte sur un rythme platonique dont les échanges ne disposent d’aucun connecteur logique au gré d’indices sortit de nulle part. Chacun comprendra, plus ou moins rapidement, pourquoi Johnny Depp a accepté de jouer le cadavre… On finirait par envier sa place !

L’américanisation cinématographique ciblait jusqu’à présent un genre déjà bien identifié : Effets spéciaux à fond les ballons, combat pour sauver l’humanité, quelques moments d’émotions saupoudrés d’une histoire d’amour insipide, les superproductions n’en demandait pas plus.

Là où la déception étonne, c’est que cette adaptation du roman d’Agatha Christie tente de fusionner une simplicité volontairement commerciale au détriment d’un polar énigmatique complètement laissé de côté. La résultante en devient donc vide de sens et le film, sans intérêt.

Bilan
« Le Crime de l’Orient Express » compose entre le crash cinématographique et l’assassinat du spectateur.

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