« Jessie » ou « Gerald’s Game » de Mike Flanagan

3/5


Synopsis

Un couple part en week-end dans une maison isolée. Pour profiter de leurs ébats, le mari attache sa femme au lit avec des menottes mais soudain il a une crise cardiaque et s’effondre. Toujours accrochée, sa femme se retrouve seule, livrée à elle-même…

Critique

Nouvelle création Netflix inspirée d’un roman de Stephen King, « Jessie », ou « Gerald’s Games » en anglais, vacille avec habilité dans une réflexion philosophique effrayante.

 Au cœur d’un huit clos en pleine campagne, le petit jeu sexuel d’un couple dérape au point de frôler le viol… Pervers, gênant, voyeur, les mots ne manquent pas pour décrire le malaise ressenti au lancement du métrage. Ainsi, submergé par de telles émotions pernicieuses, il est difficile pour nous, spectateur, de se laisser embarquer face à tant d’oppression.

« Et maintenant, what’s happened ? » Le mari succombe à une crise cardiaque, quelques péripéties excitent sans pour autant surprendre… Et puis ? Alors que la question du simple remplissage scénaristique se pose, le film bascule d’un thriller fétide et sans issue à une analyse psychologique profonde de l’otage.

Comment gérer l’attente ? Comment survivre attacher ? Que faire ? Semblable à un récit de survie réorienté, ces questions naturelles vont, dans un premier temps, être d’ordre vital. C’est un recours à la débrouillardise auquel Jessie fait face, ne serait-ce que pour boire de l’eau, et au mieux, essayer de s’en sortir.

Bien que l’attente soit tantôt longue, tantôt éprouvante, le personnage éponyme va partir en délire dans un combat entre le bien et le mal, le cœur et la raison, l’ange et le démon. Le registre se construit progressivement sur une repentance du passé pleine de remords dans une ambiance glauque relative aux souvenirs de son enfance.

Poussé à son paroxysme, l’atermoiement n’est autre qu’un jugement dernier vers la fin lui faisant douloureusement guérir ses blessures de la vie…

Peu de protagonistes donc, mise à part un chien affamé et un personnage des plus effrayants. Appelé « Moonlight Man », ce dernier n’est autre que la représentation physique de la résipiscence de Jessie. Ses apparitions terrifiantes sont exclusivement calibrées la nuit, dans le noir, faisant de lui le concierge de la mort au cœur d’une interprétation religieuse très imagée.

Un vent d’action et de détermination signe l’ouverture d’une fin possible malgré un réalisme horrifique surfant sur les plates bandes sanglantes du gore. Les dernières minutes du métrage s’infusent du final d’ « American Horror Story Asylum » sur un degré psychique qu n’est autre que la revanche d’une femme cicatrisée de ses fractures passées.

Bilan
Pas franchement le meilleur des Stephen King… Mais l’approfondissement reste de qualité.

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