« La Mélodie » de Rachid Hami

 

4/5


Synopsis

A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans une collège parisien pour enseigner le violon aux élèves d’une classe de 6ème. Ses méthodes d’enseignements rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Malgré de nombreuses péripéties, l’objectif final est d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie.

Critique

Treize après « Les Choristes », Kad Merad rempile et mue en professeur de violon dans « La Mélodie », un récit plein d’espoir et d’humanité.

Plus cru, plus réaliste, à l’instar de ses prédécesseurs, Rachid Hami évite l’harmonisation et attaque frontalement le problème de l’éducation dans les banlieues. Frappant dès la première scène, la rencontre entre le musicien et les élèves s’établit dans une violence des mots et des rapports humains déjà fâcheux.

A l’image d’autres films à vocation éducative, comme « Le Coeur en Braille » ou « Les Héritiers », l’instauration d’une finalité offre un objectif de vie à des enfants en quête de passion, d’identité et d’excitation. Chacun sait bien évidement qu’ils y parviendront mais l’importance d’un tel métrage n’est pas tant l’issue, mais le combat mené pour y parvenir.

Ce parcours ausculte différents profils sociaux des banlieues permettant de mieux comprendre pourquoi pour certains enfants, le violon deviendra un échappatoire et pour d’autres, une orientation par défaut. C’est ainsi qu’Arnold, jeune d’origine africaine élevé par une maman monoparentale, va se découvrir une passion dévorante à l’instar de Samy dont son éducation opère entre une mère optimiste et patiente et un père fataliste, enrayé par la vie.

Dans cette approche humaine et sincère, mise à part la première scène, le film reste timide dans se remise en cause de l’éducation nationale. Le désarroi de proviseur additionné de l’indifférence des professeurs suggère un retrait de ces protagonistes papillonnant pour laisser Farid, le professeur pricinpal, et Simon Daoud, le violonniste, incarner l’enseignement avec amour et surtout, avenir.

Oublions le contexte social, étant déjà assimilé, c’est une toute autre vision du métrage qui prend place : Tel un espoir commun, la musique envahit les élèves, les parents et les professeurs dans la difficulté que leur impose le contexte scolaire. Certains qualifieraient ce basculement d’utopique alors que cette cohésion groupée donne espoir à une humanité encore présente au gré de l’individualisme persistant et les réseaux sociaux calorifuges.

La musique finit finement par s’allier à la poésie dans des scènes subtiles dont la signification est loin d’être explicite si l’on en tire pas l’équivoque. Ainsi, la musique rapproche, déchire, soude, unie puis adoucie les mœurs de ces enfants pour rendre fier leurs parents.

Bilan
Une jolie note pleine d’espoir et d’optimisme.

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