« Get Out » de Jordan Peele

4/5


Synopsis

Couple miste, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’Etat. Chris commence à penser que l’atmosphère tendue est liée à sa différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

Critique

Petit budget, maigre production, « Get Out » n’était pas destiné à franchir les barrières américaines. Après un succès colossal inattendu, l’oeuvre est devenue un phénomène de société désormais planétaire.

Les choses simples sont souvent les meilleures et « Get Out » le prouve. Le thriller n’est pas transcendant, l’histoire franchement simple mais l’intrigue, minutieuse, constitue la force du métrage. En plus d’un contenu composé d’une réflexion raciale surprenante, le film exploite une psychologie d’exclusion autour d’une ségrégation emprunt de sadisme et perversité.

Les ficelles peuvent paraître grossière au début, même parfois incompréhensible, mais n’est-ce pas le talent d’un cinéaste que de surprendre ? Jordan Peele y parvient avec brillance au profit d’une avancée crescendo où la finesse de l’écriture devient de plus en plus pointilleuse.

Ainsi, le sentiment d’exclusion de Chris va s’écrémer au fur et à mesure du film, se dessiner pour avoir une vraie résonance en partant d’un racisme pur et dur menant à une discrimination positive traduit par une jalousie fascinante de l’autre camp.

Tout en simplicité, la bande-son, digne des plus grands classiques de l’horreur de années 80, se contente d’un instrumental grinçant, paranoïaque et efficace.

En revanche, « Get Out » se contente de deux défauts conséquents. A commencer par l’introduction : Bien qu’elle instaure un sentiment d’effroi et d’insécurité, elle ne sert absolument rien et n’apporte rien au métrage. Le second point concerne le final : Bâclé à notre grand regret, il aurait pû pousser la réflexion du racisme jusqu’à son paroxysme… Sûrement volontairement, le film ne va pas jusque là.

Bilan
Pas d’effets spéciaux, ni grands moyens… Sans miser sur la forme, « Get Out » a puiser tout son énergie dans une écriture exceptionnelle. Un joli pari.

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