« Chez Nous » de Lucas Belvaux

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2,5/5


Synopsis

Pauline, infirmière libérale entre Lens et Lille s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Critique

« Polisse », « Primaire » ou « Moi, Daniel Blake », nombreuses sont les oeuvres soignées avec une volonté politique dénonciatrice et engagée. « Chez Nous » pourtant annoncé comme tel ne se limite qu’à une fiction caricaturale d’elle-même.

La présentation des éléments s’appuie sur une longueur avec en premier lieu, le constat voulue d’une population oubliée dans la misère. Quelques petits piques réalistes prennent ainsi place dans le film pour nous apprendre que les commerces indépendants disparaissent, la peur de l’autre s’installe et le communautarisme raciale effraie. Pauline, infirmière libérale dans ce village ébranlé par la crise, aime sa vocation humaine mais travaille dur pour maintenir sa position monoparentale.
Ils sont nombreux ces éléments sociaux qui paraissent insignifiant… Ils trouvent pourtant tous leur sens à un moment clé du long-métrage, lorsque la dégringolade sociale de notre infirmière arrive à son terme…

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Franchement caricatural, « Chez Nous » explore les dictates de l’extrême droite dont les traits dans l’enchaînement des péripéties manquent cruellement de finesse. Chantage politique, passé néo-nazi hasardeux, espionnage, les références totalitaristes et communistes ne manquent pas et le film finit par avoir les faux airs d’une version francisée des séries « Scandal » ou « House of cards ». Un grossissement non-concluant découlant sur une ironie de soi-même.

En revanche, si on tend à s’écarter de ce portrait dérisoire du nationalisme, le long-métrage a une bonne volonté de démonstration généralisée du fonctionnement interne de tous les partis politiques confondus dans leur désir d’extension et de durabilité. Tentative vaine puisqu’encore une fois et à notre grand regret, le scénario exagère les composantes du parti, englobe les personnages dans des stéréotypes populaires et finit par presque faire du rassemblement souhaité, une secte idéologique.

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Quelques phrases marquantes du film font tout même réfléchir :
« C’est quel parti qui provoque ça ? »
Cette réflexion apporte une dénonciation implicite où la politique de haine n’est pas véhiculée par le parti mais par un amalgame conflictuel social presque nécessaire aux partis concurrents.
« Tu n’es pas irremplaçable »
Une citation purement politique suivi un peu plus tard d’un « Je fais de la politique, pas de sentiments ». Encore une fois caricatural, le film amplifie l’idée que les politiques sont tous des pourris avides de pouvoir.

Bilan
Une belle démarche pour un message aussi grinçant, « Chez Nous » n’est non pas décevant mais bien loin d’être satisfaisant.

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