« Juste la fin du monde » de Xavier Dolan

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5/5 !


Synopsis

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer sa mort future à sa famille proche. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.


Critique

Après l’exceptionnel « Mommy », Xavier Dolan revient avec ce nouveau chef  d’oeuvre qu’il qualifie lui même comme étant son film le plus complet et s’offre un casting français hautement prestigieux représenté par Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Gaspard Ulliel. Chacun d’entre eux fracasse le grand écran avec leur rôle respectif au point d’en être méconnaissable physiquement.

"Juste la fin du monde" Dolan Cotillard

La forme du récit repose sur une simplicité épousée de noblesse dans un décor volontairement asphyxiant démontré par des gros plans sur les visages des personnages. L’exploitation des talents d’acteurs a ainsi été maximale afin de capter des instants d’émotions silencieux mais harmonieux. En effet, nombreuses sont les scènes de confidences et de tête à tête semblables à un tableau théâtrale. C’est pourquoi la base du long-métrage passe par les expressions faciales et une volonté d’interprétation de dialogues longs et interminables où le but est de lasser le spectateur de l’écoute afin de le recentrer sur les sentiments visuellement perceptibles.

Voilà à quoi répond cette histoire de famille déchirée mais tellement attachée où chacun peine à exprimer son amour envers l’autre. Une leçon de vie où les grandes tirades inutiles masquent un silence dénonciateur.

En plus d’un visuel finement étudié dans une rétrospective des années 80, le son entre complètement en compte dans « Juste la fin du monde » renforçant l’aspect affectif et poignant. Aussi, l’écriture présente deux entractes musicales exceptionnelles qui reviennent sur le passé de Louis venu annoncer sa mort. Ces instants de vie permettent de pénétrer l’esprit du personnage et Xavier Dolan et son équipe font de la musique, une représentation vivante de souvenirs.

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Le final est une explosion émotionnelle aussi dérangeant que libérateur bazardant tous les malentendus volontaires où chacun s’autoprotège dans le mensonge. Un adieu déchirant avec un fond de décor ensoleillé où l’acceptation est aussi dur que nécessaire.

« Juste la fin du monde » est un drame familial rempli de sentiments mal cachés et de pudeur comparable à « Un été à Osage County » avec Meryl Streep. A l’image de Pedro Almodovar par exemple, Xavier Dolan frappe le monde du cinéma avec sa pâte en unifiant tout type de public et en s’imposant comme étant un des plus grands réalisateurs de cette décennie. Bravo.

Bilan
Xavier Dolan signe un voyage émotionnel intemporel.

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